Les français sombrent dans une dépression collective

Près de dix ans après le début de la crise financière et économique mondiale la plus grave depuis celle des années 1930, les Français semblent sombrer dans une forme de « dépression collective ».

Un niveau record de pessimisme

La cinquième vague du Baromètre de la confiance politique du Cévipof (Centre de recherches politiques de Sciences PO) réalisé par Opinion Way livrait, en décembre 2013, les résultats d'un sondage d'où il ressort que, pour la première fois depuis 2009 - année de création de ce baromètre -, la « morosité » (34 %) arrive en tête des items cités par les Français, devant la « méfiance » et la « lassitude ».

À la question portant sur l'avenir des jeunes par rapport à leurs parents, 75 % des sondés considèrent qu'il est moins prometteur pour les premiers qu'il ne l'était pour les seconds (+ 5 points depuis 2009) et les deux tiers des jeunes français partagent cette opinion. Une proportion redoutable pour l'état d'esprit collectif, selon l'avis de Pascal Perrineau, directeur du Cévipof.

La défiance ne se limite plus au politique

Si jusque-là le sentiment de défiance grandissant des Français était très fort vis-à-vis du politique, il se diffuse désormais à la « société de proximité » (« les autres ») et gagne l'économique. Près des deux tiers des sondés sont ainsi particulièrement pessimistes sur l'évolution de leur situation financière et sur l'avenir des entreprises françaises, dont près de 70 % estiment qu'elles ne sont pas compétitives. La « tentation du repli » de manière satisfaisante se traduit sur le plan économique par une demande croissante de protection pour près de la moitié des personnes interrogées (+ 17 points depuis octobre 2011).

Près de 50 % considèrent que la France doit davantage se protéger du monde aujourd'hui. Moins d'un quart souhaite que la France s'ouvre davantage et à peine 35 % pensent qu'appartenir à l'Union européenne est une bonne chose. Quant aux responsables politiques, la défiance à leur égard n'a jamais atteint un tel niveau puisque 87 % des sondés jugent que ces derniers ne se préoccupent peu ou pas du tout de leur avis. Enfin, plus grave encore pour la cohésion sociale, les Français ne sont plus qu'un tiers à estimer que la démocratie fonctionne contre 50 % en 2009.

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