L’Union européenne et la Turquie

La Turquie sur liste d'attente

Depuis décembre 1999 la Turquie est officiellement candidate à l'Union européenne (UE). Mais les négociations d'adhésion stagnent depuis leur ouverture en octobre 2005.

En juillet 2011 le premier ministre Recep Tayylp Erdogan menaçait même de les suspendre pendant les six mois durant lesquels Chypre en assurerait la présidence tournante (à partir de juillet 2012), avant d'adoucir sa position. Le rapprochement diplomatique et commercial de la Turquie avec le Moyen-Orient a par ailleurs montré que l’ambition affichée par Ankara de s'imposer comme une puissance régionale n'impliquait pas une relation exclusive avec l'Europe. R T. Erdogan a toutefois affirmé à plusieurs reprises la détermination de la Turquie à adhérer à l'UE.

L'euro, trop contraignant ?

Aujourd'hui, la Turquie remplit les conditions de Maastricht pour intégrer la zone euro. Sa dette publique est inférieure à 40 % de son produit intérieur brut (PIB) et son déficit budgétaire a été ramené à 1,4 % du PIB. Seule l'inflation, supérieure à 10%, est hors cadre.

Mais la monnaie unique n'est plus aussi attrayante qu'elle pouvait l'être avant la crise. La possibilité de réduire ses taux obligataires (environ 8 % en 2010) représente certes le principal avantage de l'adoption de l'euro pour Ankara, mais la forte inflation contribue déjà à réduire le taux d'intérêt réel qu'elle paye sur sa dette. En outre, elle perdrait l'autonomie de sa politique monétaire, qui lui a permis de se remettre relativement rapidement du choc de la récession subi en 2009.

Rattrapage économique en cours

L'économie turque comble progressivement son retard sur l’UE. En 2010, son PIB augmentait de 7,5% contre 1,9 % en moyenne dans l'ensemble des États membres.

L'intégration de la Turquie permettrait à l'UE de profiter des atouts que représentent la jeunesse de sa population et le dynamisme de son économie. Mais elle ne va pas sans contraintes budgétaires.

En 2010, le PIB par habitant turc se situait, en standard, de pouvoir d’achat (SPA), à 49 % de celui de la moyenne de l'UE à 27. Or, tant que ce chiffre demeure inférieur à 75 % de la moyenne de l'UE-27, le pays devrait bénéficier de fonds structurels, premier poste budgétaire de l'Europe.

La Turquie dépasserait ce seuil dans 20 à 60 ans selon les estimations. Mais au-delà des critères économiques, la corruption encore présente dans certains secteurs, les nombreuses atteintes à la liberté de la presse et la reconnaissance du génocide arménien comptent parmi les problèmes à résoudre pour parfaire la candidature de la Turquie auprès de la Commission européenne.

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