L’entreprise : un centre de décision autonome

Si aucune décision n'était prise dans l'entreprise, l'activité économique s'arrêterait rapidement, le peu qui en resterait proviendrait de la mise en application de décisions antérieures. Acheter, mettre en vente un nouveau produit, fixer un prix... la liste est longue des multiples décisions que suppose l'activité de l'entreprise.

La qualité des décisions, clé de l'efficacité

Choix malheureux dans la nature précise des produits, décision imprudente en matière d'investissements... les erreurs stratégiques peuvent conduire l'entreprise à la faillite... et le pays vers la régression économique.

La prise de décision s'insère dans une structure hiérarchique

Les décisions des différents agents qui participent à la vie de l'entreprise ne sont pas toutes de même niveau : tel responsable des stocks décidera d'accélérer son rythme de travail pour rattraper le retard accumulé, tel dirigeant décidera d'investir 2 millions de francs dans un projet qui orientera l'activité de l'entreprise pour 10 ans, tel travailleur ralentira son rythme de travail pour marquer sa réprobation face à un chef de service qu'il estime trop contraignant.  Si les décisions peuvent apparaître à tout niveau, elles sont marquées par le principe hiérarchique.

Sans doute, suivant les entreprises, les décisions peuvent être plus ou moins décentralisées mais elles restent caractérisées par le fait que l'entreprise est organisée suivant une logique pyramidale : le pouvoir de décision est pour l'essentiel d'autant plus important que l'on s'élève dans la hiérarchie.  Les décisions majeures pour l'orientation de l'entreprise relèvent du dirigeant ou de l'équipe dirigeante. Celui-ci ou ceux-ci doivent alors déterminer les moyens de prendre les décisions dans les meilleures conditions d'information possibles, et de les faire ensuite appliquer avec efficacité.

La circulation de l'information et des ordres

L'entreprise cherche donc une organisation qui facilite la prise de décision et son exécution. Les moyens en sont multiples, certains sont bien connus : ordres transmis, par écrit... contrôle par la comptabilité, direction par le supérieur hiérarchique.

D'autres sont souvent moins visibles mais néanmoins très importants. Ainsi, l'entreprise attend de chaque travailleur des comportements précis qui sont valorisés par des promotions ou des avantages financiers mais qui ne sont pas le plus souvent explicités : « Les habitudes vestimentaires sont différentes dans une agence de publicité et un cabinet d'expert-comptable ou, dans une même entreprise, entre les commerciaux et les financiers. Les mots ne sont pas les mêmes dans une entreprise française et dans la filiale française d'un groupe américain. L'usage ou la prohibition du tutoiement et du prénom, la façon de saluer et même les intonations varient d'une organisation à l'autre. Ces éléments et bien d'autres constituent la culture de la firme. Les réflexes sont essentiels à une bonne communication au sein d'une hiérarchie car ils permettent des gains importants. Ils rendent inutile l'explication de bien des détails qui « vont de soi » dans un contexte donné. Autrement dit, certains mots deviennent des macro-instructions qui renvoient en quelque sorte à des sous-programmes qu'il devient inutile de développer à chaque fois.  L'embauche d'un nouveau cadre comporte donc un coût important d'apprentissage de la culture (réflexes et langage) de l'entreprise, qui constitue d'ailleurs un investissement, rentabilisé grâce aux gains réalisés ultérieurement dans les communications. »

L'entreprise impose ainsi à ses membres des comportements spécifiques. Il en résulte plusieurs types de problèmes. Tout d'abord dans quelle mesure ceux-ci favorisent-ils effectivement l'efficacité ? Une part importante des comportements imposés n'a-t-elle pas pour fonction, comme le pensent les défenseurs des analyses en termes de technostructure, d'assurer le maintien des dirigeants en place et leur promotion individuelle ? Enfin, les comportements adoptés au sein de l'entreprise ne marquent-ils pas la totalité des relations de l'individu y compris hors de l'entreprise ?

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