Quelques idées reçues concernant la compétitivité

Qu’est-ce que la compétitivité ?

La compétitivité — d’un pays, d’un secteur ou d’une entreprise — est la capacité à faire face à la concurrence — effective ou potentielle — sur les marchés tant externes qu’internes. Elle comporte deux dimensions la compétitivité prix et la compétitivité hors prix.

La compétitivité prix dépend des prix des exportations, généralement déterminés par:

  • les coûts de production, c’est-à-dire le coût du travail (les salaires),
  • le coût du capital (les intérêts), la charge fiscale, ainsi que la productivité (mesurée en rapportant la quantité produite au nombre d’heures utilisées pour produire ;
  • en découle la compétitivité coût qui compare l’évolution des coûts salariaux unitaires, c’est-à-dire l’évolution du coût du travail corrigée de celle de la productivité);
  • les coûts liés au transport, aux droits de douane et à la réglementation.
  • le taux de change, c’est-à-dire la valeur relative de la monnaie nationale par rapport aux autres monnaies;
  • la concurrence : plus il y a de concurrence, plus les entreprises doivent réduire leurs prix ; inversement, moins il y a de concurrence, plus les entreprises peuvent fixer des prix supérieurs à leurs coûts de production.

La compétitivité hors prix, quant à elle, relève plutôt de la stratégie des entreprises et dépend de la qualité des produits (de l’assortiment offert, c’est-à-dire de la qualité de la spécialisation) et des services après-vente, ainsi que de l’innovation.

Ces stratégies sont influencées par l’environnement économique, fiscal, social ou réglementaire des États.

Comment se mesure la compétitivité?

La compétitivité se mesure au niveau microéconomique par l’évolution des parts de marché d’une entreprise.

Les parts de marché d’une économie nationale peuvent également être mesurées (exportations nationales rapportées à un total mondial ou à un groupe de pays comparables) et elles constituent un bon indicateur de compétitivité.

Enfin, la compétitivité micro et macroéconomique peut avoir d’importantes conséquences en termes d’emploi, d’aménagement des territoires et de croissance économique.

Comment améliorer la compétitivité?

Atteindre une meilleure compétitivité par les prix peut se réaliser via des économies d’échelle ou encore le développement du progrès technique visant à réaliser des gains de productivité. La compétitivité par les coûts peut, quant à elle, s’améliorer via la baisse du coût du travail ou du coût des matières premières (et ainsi sans gains de productivité).

Les États, quant à eux, ont plusieurs leviers à leur disposition:

  • la politique fiscale et sociale pesant sur le coût du travail,
  • la politique de concurrence,
  • le soutien à l’innovation technique, commerciale et à la formation professionnelle,
  • l’incitation à adopter des stratégies de montée en gamme,
  • la qualité des infrastructures,
  • l’aide à la constitution de réseaux qui regroupent des entreprises, des organismes de recherche et des centres de formation (des clusters),
  • les politiques sectorielles ou de filière, les subventions directes ou indirectes, la législation (y compris les coûts de l’administration, les restrictions environnementales, etc.)

Une baisse des parts de marché désigne-t-elle toujours une baisse de compétitivité ?

Une baisse des parts de marché d’un pays ou d’une entreprise ne traduit pas nécessairement un recul de sa compétitivité : face à la mondialisation et l’essor des pays émergents, le recul des parts de marché des pays anciennement industrialisés paraît, dans certaines limites, inévitable.

C’est en effet le cas de certains pays, comme la France, la Grande-Bretagne ou les États-Unis, tandis que d’autres, notamment l’Allemagne, sont arrivés à consolider, voire à améliorer leur position.

=> Voir la partie 2

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