Pourquoi épargner ?

Les motivations des ménages

A la question, «pourquoi épargnez-vous ? » posée par TNS SOFRES près de la moitié des personnes ont répondu : « pour parer à des ennuis imprévus ».

L'épargne de précaution tient donc une place majeure dans les motivations des ménages. L'épargne en vue d'une dépense future est aussi ressentie comme essentielle puisqu'un tiers environ des ménages destine leur épargne à l'achat d'une maison ou à l'achat de biens d'équipement du foyer. L'épargne spéculative n'arrive qu'en dernière place.

L'affectation de l'épargne se différencie, selon les catégories socio-professionnelles. Ouvriers, employés, cadres moyens privilégient l'acquisition de logements ; leur épargne courante reste le plus souvent liquide et l'utilisation de l'épargne pour acheter des actions et obligations est peu fréquente, à la différence des cadres supérieurs qui connaissent mieux le fonctionnement de la bourse des valeurs et y investissent plus volontiers.

Les motivations des entreprises

Tout autres sont les motivations des entreprises qui épargnent pour financer la croissance de l'entreprise. Accroître le fonds de roulement, mettre en place de nouveaux investissements suppose des moyens de financement.

L'épargne permet de réduire le poids de l'endettement, d'économiser sur les frais financiers et d'accroître l'autonomie de l'entreprise en réduisant le rapport dettes à moyen et long terme / fonds propres.

Celles de l’État

L’état a besoin de mobiliser l'épargne d'une part pour assurer le financement de ses propres investissements, d'autre part pour que le taux d'épargne par rapport au P.I.B. soit optimum par rapport à l'objectif de croissance économique.

L’État investit pour améliorer les infrastructures du pays (routes, écoles...), pour soutenir l'économie, pour assurer la survie des entreprises publiques. Il en résulte des besoins de financement auxquels l’état doit faire face et qui impliquent une épargne éventuellement forcée (impôt ou inflation).

Le taux d'épargne (épargne / PIB) définit pour un pays sa capacité à renoncer aux consommations présentes pour financer ses investissements. La modernisation des équipements, le volume de production à long terme dépendent de cette capacité de prélever sur le revenu actuel les moyens de leur financement.  Quand le pays développe trop sa consommation et qu'il faut faire appel à l'épargne étrangère l'endettement provoque un véritable cercle vicieux de la dette car le jeu des intérêts cumulés tend à rendre le pays de plus en plus dépendant de ses créanciers étrangers.

L'épargne est donc une condition de croissance sans endettement excessif et sans tensions inflationnistes c'est-à-dire sans consommation trop forte par rapport au développement de l'appareil productif.

Si l'investissement suppose une épargne, il n'en résulte pas nécessairement que toute épargne se traduit par des investissements équivalents. Ce dernier point fait l'objet de vives controverses entre les différents courants théoriques.

Les limites de l'épargne

Des ménages

L'épargne d'un ménage est limitée par le montant de son revenu disponible et par ses besoins de consommation. Plus un ménage est riche, plus le montant total de l'épargne peut être élevé et son taux d'épargne tend à augmenter.

L'épargne n'est pas seulement influencée par le niveau du revenu mais encore par sa variation. Ainsi, après le choc pétrolier, le taux d'épargne a chuté, les ménages recherchant par une réduction de leur épargne le moyen de maintenir une progression de leur consommation plus conforme à leurs habitudes.

Une hausse brutale des revenus engendre aussi des capacités d'épargne plus grandes. La conjoncture économique peut aussi influencer le niveau d'épargne, la crainte de difficultés à venir peut accroître la propension à épargner.

Les comportements d'épargne varient fortement d'un pays à l'autre. Ainsi le Japon est célèbre pour sa « frugalité en matière de consommation » et l'importance du taux d'épargne qui en résulte; la faiblesse de la protection sociale majore l'épargne de précaution.

Des entreprises

La capacité d'épargne des entreprises est limitée par le montant de leurs bénéfices. Cette affirmation doit être nuancée de deux façons : d'une part les actionnaires ne sont pas tenus de laisser ces bénéfices dans l'entreprise ; ils peuvent souhaiter en disposer immédiatement ; en pratique pourtant on constate qu'une part importante des bénéfices reste à la disposition des firmes pour financer la croissance ; d'autre part les dotations aux amortissements et dans une certaine mesure les dotations aux provisions réalisées dans l'année constituent une épargne qui fournit des moyens de financement des investissements.

De l’État

Pour accroître son épargne, l'Etat peut augmenter la pression fiscale (mais les niveaux atteints rendent ce procédé de plus en plus incertain) ou réduire les frais de fonctionnement des administrations et des entreprises publiques.

Ce remède s'avère extrêmement difficile à mettre en œuvre, le montant des dépenses étant relativement rigide, (un fonctionnaire recruté doit être payé jusqu'à sa mort).

Une autre limite à l'épargne de l'Etat est constituée par le jugement porté sur l'intérêt de l'épargne publique. Ainsi les néo-classiques considèrent qu'il n'est pas souhaitable que l'Etat mobilise une trop grande fraction de l'épargne car il réduit, ce faisant, les possibilités d'accès à l'épargne du secteur privé (effet d'éviction).

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