Investissements Directs Étrangers : l’Europe se marginalise

Les IDE en 2016 confirment la montée en puissance des pays du Sud. L'évolution des investissements directs étrangers, les Investissements Directs Étrangers (IDE) sont de précieux indicateur pour véritablement comprendre les changements de la mondialisation.

De cette façon, le dernier rapport sur les investissements internationaux de la Cnuced est particulièrement éloquent. En 2015, les flux d'IDE (1 351 milliards de dollars) ont été en recul de 18 % par rapport à 2011 (1 652 milliards). En nette marge de progression (impressionnante) depuis désormais plus de 20 ans, ils étaient arrivés à leur apogée en l’an 2007 (+ de 2 Md de $) et 2008, pour finalement chuter très fort en 2009. Et la rechute de 2015 montre que si la tendance reste accrue, la remontée s’avère longue et périlleuse.

Pour les prochaines années, les experts de la Cnuced estiment que la trésorerie très abondante des entreprises multinationales devrait les pousser à investir.  Sauf nouvelle crise majeure, les flux d'IDE pourraient donc grossir pour atteindre 1 800 milliards de dollars en 2017.

Recomposition

Mais c'est surtout sur le nouveau paysage économique que le rapport de la Cnuced fournit des enseignements. En 2012, pour la première fois, les pays en développement ont reçu plus d'investissements étrangers (52 % du total) que les pays développés. Le montant de leurs IDE « entrants » a certes légèrement fléchi (- 4 %), mais celui des pays développés s'est effondré (- 32 %), surtout en Europe (- 42 %) : avec ses marchés intérieurs déprimés par la crise, le Vieux Continent a perdu beaucoup de son attractivité.

Les firmes européennes se projettent également moins à l'international : les IDE sortant d'Europe ont aussi reculé de 40 % l'an dernier. Au contraire, les pays en développement occupent une place croissante parmi les « émetteurs » d'investissements hors frontières : en 2012, leur part dans le total mondial a atteint le niveau record de 31 % - et la Chine passant notamment de la sixième à la troisième place.

De plus en plus, ces flux se dirigent vers d'autres nations en développement : de la Chine et de l'Inde, notamment, vers l'Afrique et l'Asie du Sud-Est.

Chaînes de valeur mondiales

Le rapport de la Cnuced examine cette année l'impact pour les pays en développement de leur insertion dans les « chaînes de valeur mondiales ». La production d'un nombre croissant de biens et de services est en effet devenue globale : elle est fractionnée entre différents sites dans le monde, en fonction des avantages que les entreprises multinationales trouvent à situer dans tel ou tel pays chaque phase du processus : conception, fabrication, assemblage, marketing, service après-vente... Si bien que 28 % des exportations mondiales sont incorporées dans des produits destinés à être réexportés.

Les nations en développement cherchent à se placer dans ces chaînes de valeur en exploitant leurs avantages spécifiques : coût du travail, compétences, infrastructures etc.

Les auteurs les encouragent à poursuivre dans cette voie, sans en dissimuler les risques, notamment celui de rester enfermé dans des activités à faible valeur ajoutée, offrant des conditions d'emploi précaires et dégradées et peu de transferts de compétences et de technologies.

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