Protégez-vous correctement si vous exercez le métier de bûcheron

Le métier de bûcheron est l'une des professions les plus à risque selon les statistiques. En France, en moyenne près d'un travailleur forestier sur 22 n'arrive jamais en retraite, soit victime d'un accident du travail, soit atteint d'une maladie professionnelle. Les accidents de travail sont fréquents, surtout en l'absence de conditions sécuritaires respectant les normes. Ainsi, pour contrer les menaces liées à l'exercice de sa fonction, le bûcheron doit utiliser des vêtements professionnels adaptés. Quelles sont les pièces indispensables de la tenue d'un bûcheron ? Qu'en est-il des normes pour les équipements de travail ? Quelle attitude adopter dans l'exercice de la profession de bûcheron ?

Securite Metier Bucheron
© istock

Utilisez des vêtements résistants et durables

Dans le cadre de l'exercice de votre métier de bûcheron, des vêtements anti-coupures sont requis pour protéger tout votre corps, des jambes jusqu'au cou. Lors de l'abattage des arbres, des branches et d'autres débris susceptibles d'occasionner des blessures tombent dans tous les sens.

De même, l'utilisation de la tronçonneuse, aussi appelée scie à chaîne, est à l'origine de nombreux accidents. Pour vous protéger, utilisez un pantalon anti-coupure conçu avec un tissu confortable. Ces vêtements de travail se déclinent en plusieurs modèles adaptés à la puissance d'action de la tronçonneuse utilisée. Les normes EN 381 et EN 11393 sont les références qui permettent de catégoriser les pantalons de bûcheron. Il existe des pantalons de travail de type A et C. Les jambières de protection sont de type B. Techniquement, la protection contre les coupures de scie à chaîne couvre trois classes de vitesse qui sont :

  • la classe 1 : 20 mètres/seconde,
  • la classe 2 : 24 m/s,
  • la classe 3 : 28 m/s.

Ainsi, pour une scie à chaîne dont la vitesse de coupe est de 20 m/s par exemple, le pantalon de protection classe 1 est recommandé. Par contre, pour une scie à chaîne pouvant trancher un tronc d'arbre à une vitesse de 24 m/s, le pantalon de classe 2 est le plus approprié.

Pour finir, le pantalon classe 3 est exigé lors de l'utilisation d'une machine évoluant à une vitesse de 28 m/s. Une blessure occasionnée par cette sorte de scie pourrait être irréversible, voire mortelle. Le pantalon anti-coupure de type C couvre chaque jambe sur 360° et convient mieux dans ce cas pour vous protéger.

D'après la réglementation, les types A et B conviennent à des ouvriers professionnels ayant une expérience poussée dans l'utilisation de la scie à chaîne. En revanche, le type C est destiné aux usages exceptionnels en situation d'extrême dangerosité.

En plus des pantalons anti-coupures, vous avez la possibilité de sécuriser votre torse grâce à des vestes ou des cottes de protection. Vous pouvez aussi opter pour une salopette ou une jambière anti-coupure qui sont d'excellentes alternatives au pantalon.

Tous les vêtements de protection des bûcherons sont spécialement élaborés pour s'adapter au climat et au temps. Conçus selon les normes EN 381-5 pour les bas et EN 381-11 pour les hauts, ces habits professionnels procurent une parfaite aisance. Certains modèles offrent une aération adéquate en été et d'autres sont mieux adaptés par un temps hivernal.

Équipez-vous de gants anti-coupures

Les gants anti-coupures protègent vos mains des lésions et des coupures. Les gants de bûcheron sont fabriqués suivant diverses normes qui leur confèrent des caractéristiques spécifiques.

Les normes relatives aux gants de bûcheron

Au total, un ensemble de quatre normes intervient dans la confection des gants réservés aux agents d'exploitation forestière. Ces normes sont les exigences EN 420, EN 381-7, EN 388 et EN 511. Tous les fabricants européens se conforment à ces clauses incluant le marquage CE.

La norme EN 420 constitue la norme de base de la fabrication de gants anti-coupures. Elle recommande que les gants destinés aux bûcherons soient d'un pH neutre et dotés d'une excellente ergonomie. Le respect de la norme EN 388 confère une bonne résistance aux agressions physiques (déchirure, perforation).

L'exigence de la norme EN 511, quant à elle, est orientée vers la capacité du gant à contrecarrer le froid de convection et de contact. En revanche, la norme EN 381-7 a rapport uniquement aux gants anti-coupures de tronçonneuse.

La technologie des gants anti-coupures

Pour se conformer à la norme EN 381-7, les fabricants conçoivent des gants avec d'épaisses couches de fibres synthétiques. Les filaments de verre, d'inox, les fils Dyneema et HPPE (polyéthylène) sont les plus utilisés. Seules ou combinées, ces fibres de très haute résistance freinent la vitesse de la chaîne lorsqu'elles sont mises en contact avec la lame d'une tronçonneuse.

De plus, la norme EN 381-7 distingue deux types de gants anti-coupures. Le type A protège uniquement la paume et les métacarpes du bûcheron. Le type B offre une protection complète de la paume, des métacarpes et des phalanges, à l'exception du pouce. La surface couverte par le gant de type B est de 110 mm en largeur et de 190 mm minimum en hauteur.

A ne pas manquer :  Comment devenir électromécanicien ?

Pour tester l'efficacité des gants anti-coupures, un Couptest est effectué en usine. La résistance à la coupure est notée et les différents niveaux de l'échelle correspondent parallèlement aux classes de vitesse d'une scie à chaîne. Plus le niveau de protection est élevé, plus les gants de bûcheron résistent aux coupures de tronçonneuse.

Gants Accessoires Proteger Ouvrier Travailleur Anti Coupures
© istock

Quelles chaussures devez-vous porter en tant que bûcheron ?

Le code vestimentaire du bûcheron requiert également le port de chaussures de sécurité. La rudesse du travail vous expose à de multiples risques d'accident. Pour contrer ces risques, les chaussures doivent répondre aux normes EN 20 345 et EN 17 249.

Des chaussures de sécurité à toute épreuve

Les chutes d'outils, les glissades, les dérapages ou encore les agressions d'animaux sont des situations fréquentes pour les ouvriers forestiers. La norme EN 20 345 exige tout d'abord que vos chaussures possèdent un embout de protection. Cette coque de sécurité (en acier inoxydable) a la capacité de supporter un écrasement de près de 15 kN.

Elle résiste également à des chocs violents dont l'intensité est supérieure ou égale à 200 joules. Ensuite, la norme EN 20 345 impose l'intégration de crampons antidérapants aux semelles extérieures des chaussures. Une semelle intérieure anti-perforation est également rajoutée si la chaussure est normée S3.

Les chaussures de sécurité élaborées suivant la norme EN 20 345 possèdent toutes une certification en rapport à leur niveau de protection. Par exemple, des modèles qui sont certifiés S1P offrent un confort optimal par un temps sec sur un sol accidenté. Par contre, pour des travaux en zone humide, sur des sols caillouteux ou glissants, les chaussures S3 sont les plus recommandées. Elles sont équipées d'une tige hydrofuge et sont par ailleurs antistatiques et résistantes aux hydrocarbures.

Des chaussures anti-coupures de scie à chaîne

En plus de la norme EN 20 345, les chaussures de sécurité doivent correspondre aux clauses de la réglementation EN 17 249. Les exigences de cette norme permettent aux bûcherons de protéger leurs pieds d'éventuelles coupures. À l'instar des vêtements et des gants anti-coupures, cette norme prévoit des classes de résistance. Comme nous l'avons déjà évoqué, chaque classe de protection correspond à un niveau de vitesse de la chaîne de tronçonneuse.

Pour résister à la scie à chaîne, les chaussures anti-coupures intègrent des couches superposées de fibres. Ces fibres s'étalent à partir de l'extrémité supérieure de l'embout de protection jusqu'à 70 mm en largeur de chaque côté. Pour assurer au porteur une parfaite aération, les chaussures sont recouvertes de cuir ou de caoutchouc.

Utilisez des lunettes et un casque pour votre sécurité

Pour compléter votre tenue de travail, vous êtes tenu de porter des lunettes et un casque de sécurité. Ces deux accessoires répondent à des exigences précises pour vous protéger convenablement durant l'exercice de votre métier d'agent forestier.

Les lunettes de sécurité du bûcheron

Les lunettes de sécurité sont conçues pour protéger vos yeux contre les débris, la poussière et la lumière. Leur fabrication est régie par les normes EN 166, EN 170 et EN 172. Elles exigent que les lunettes intègrent un filtre ultra-violet ainsi qu'un traitement anti-rayures et anti-buée.

La norme EN 166 catégorise les lunettes de sécurité suivant des classes optiques. Les lunettes de classe 1 sont destinées pour des travaux continus et exigent, pour cette raison, un port permanent. Pour les travaux intermittents et de courte durée, il faut opter pour des lunettes de la classe 2 ou 3. Leur port est déterminé en fonction de la tâche à accomplir. Les lunettes de sécurité pour bûcheron sont toutes munies de bordures souples pour permettre de longues heures de travail sans gêne. Les branches sont adaptables à la forme de la tête de l'ouvrier.

Les caractéristiques du casque de sécurité idéal

La norme EN 12 492 est la réglementation en vigueur en matière de casque de sécurité pour bûcheron. Selon cette norme, le casque de sécurité doit posséder une résistance au choc face à une masse d'au moins 3 kg. Ensuite, cet accessoire doit être doté d'une fermeture performante au niveau de la jugulaire. Un casque idéal pour bûcheron doit soutenir des chocs verticaux ou latéraux allant jusqu'à 10 kN.

Plusieurs modèles de casques de bûcheron sont disponibles dans des packs intégrant des protections auditives et une visière. La visière du casque de sécurité doit répondre à la norme EN 1731 qui traite de la protection des yeux. Elle peut être grillagée ou en coque transparente. Les oreillettes anti-bruit de protection doivent se conformer quant à elles à la norme EN 352-3.

A ne pas manquer :  Comment devenir psychologue ?
Normes Securite Casque Lunettes Pantalon Chaussures
© istock

Faites attention aux normes de vos équipements de travail

Les mesures de sécurité sont de rigueur dans l'exercice de la profession de bûcheron. Vous devez toujours vérifier que votre équipement réponde bien aux normes établies par les autorités européennes de réglementation. Ces normes concernent aussi bien votre matériel que votre équipement de protection personnel ou EPI.

La négligence des règles de sécurité ou le port d'EPI défaillant vous expose au licenciement. De lourdes sanctions comme la perte du permis d'exercer peuvent aussi être appliquées lorsque des dommages sont causés à de tierces personnes. Ainsi, pour exercer correctement ce métier, tout bûcheron professionnel doit maîtriser les normes de sécurité qui régissent son domaine d'activité.

Les EPI du bûcheron sont de trois catégories et vont du niveau de protection le moins élevé au degré de sécurité maximale. La catégorie 1 concerne les tenues de travail conçues pour protéger l'ouvrier contre les agressions superficielles. Leur commercialisation n'est soumise qu'à une simple déclaration de conformité.

La catégorie 2 regroupe l'ensemble ou presque des vêtements anti-coupures (veste, pantalon, gants, chaussures de sécurité). Ces habits et accessoires doivent bénéficier du marquage CE et d'une déclaration pour être reconnus conformes et propres à l'utilisation.

Dans la catégorie 3 sont rangés les vêtements et accessoires de protection contre les produits chimiques ou les sources d'énergies thermiques. Vous devez vérifier qu'ils sont certifiés ISO et possèdent également un marquage CE, ainsi que d'une déclaration de conformité.

Au minimum, deux normes régissent chaque catégorie d'EPI. Pour les équipements de travail de bûcheron, sont obligatoires :

  • les normes EN 381-5 et EN 381-11 (pantalons et vestes anti-coupures),
  • les normes EN 20 345 et EN 17 249 (chaussures de sécurité),
  • les normes EN 12 492, EN 1731, EN 352-3 (casque, visière et oreillettes),
  • les normes EN 166, EN 170 et EN 172 (lunettes de protection),
  • les normes EN 420, EN 381-7, EN 388 et EN 511 (gants de protection).

Au-delà des EPI, les équipements réglementés par des normes sont les dispositifs anti-chute. Ces derniers réunissent les systèmes d'ancrage, les longes de protection, les mousquetons et les harnais de sécurité.

Restez attentif à votre environnement et soyez prudent

L'abattage d'arbres réclame de la prudence et de la vivacité d'esprit. En tant qu'agent forestier professionnel, vous disposez d'un code de procédure sécuritaire qui oriente vos gestes et votre conduite. Vous devez aussi être très attentif aux détails qui révèlent un changement dans votre environnement. En effet, le port d'oreillettes anti-bruit présente l'inconvénient de vous couper des bruits extérieurs, par exemple. L'attention visuelle est donc une attitude importante à développer pour compenser la faiblesse auditive.

La procédure sécuritaire prévoit des dispositions à prendre avant, pendant et après les travaux. Avant toute utilisation de la scie à chaîne, vous devez vérifier l'état général de la machine. Les paramètres à contrôler sont l'arrimage des maillons, des rainures et du bloc chaîne, les niveaux de lubrifiant et de carburant. Vous devez tester de même l'affûtage de la lame ainsi que le fonctionnement du frein de chaîne. Le contrôle de la maintenance doit s'opérer par un expert compétent d'après les spécifications du fabricant de la scie.

Avant de débuter l'abattage d'arbres, les bûcherons délimitent la zone de travail à l'aide d'un balisage. L'installation de panneaux de signalisation de chantier et d'interdiction d'accès évite la circulation d'autres agents aux endroits présentant un risque de chute de matériel. Vous devez également prévoir des pistes pour la sortie des branchages et des troncs sciés. Toutefois, avant de commencer l'abattage, équipez-vous d'une trousse de premiers soins comprenant un kit d'amputation.

Pendant les travaux, maintenez une distance sécuritaire entre votre corps et la scie à chaîne. Démarrez la tronçonneuse en la posant d'abord au sol, puis à l'aide des deux mains, positionnez-la droit devant vous. Lors du transport de la machine d'un point à un autre, arrêtez obligatoirement le moteur. Vérifiez bien l'absence d'un tiers à l'entour avant de bouger la scie en la maintenant toutefois du côté opposé à votre corps.

Une fois l'abattage des arbres terminé, éteignez la tronçonneuse et laissez-la refroidir. Ensuite, nettoyez la machine des débris de sciures d'arbres. Mettez de nouveau en place le fourreau de protection de la chaîne de scie. Pour finir, procédez au rangement de la zone de travail en prenant soin de retirer tout le matériel tranchant. En prenant garde au respect de toutes les normes et mesures de sécurité, les bûcherons se protègent et préservent leur environnement des accidents.

À lire aussi : Comment devenir élagueur ?