Investir dans une petite ou moyenne entreprise : nos conseils

Dans une période où la quête de sens et d'éthique dicte de plus en plus les choix d'investissement, soutenir une PME est une alternative attractive. Malgré une prise de risque accrue, une forte rentabilité s'avère possible. Explications.

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Vous avez envie de soutenir un proche lors de la création de son entreprise, de permettre à une société existante de pouvoir se développer ou encore de diversifier votre patrimoine dans des placements qui ne sont pas corrélés aux marchés financiers et immobiliers ?

Plusieurs solutions d'investissement dans les petites et moyennes entreprises (PME) s'offrent à vous. À chaque fois, vous prenez un risque non négligeable, les petites entreprises étant statistiquement plus fragiles que les grandes. À l'inverse, les petites structures ont un potentiel de croissance plus important. Dans certains cas, vous pourrez bénéficier d'une réduction d'impôt.

Trois solutions à étudier

Vous pouvez investir au capital social d'une PME par trois moyens : soit en direct, soit en passant par des fonds d'investissement (FCPI ou FIP), soit via des plateformes de crowdfunding dédiées à cette activité.

Si vous connaissez un proche dont le projet entrepreneurial vous intéresse et souhaitez lui apporter une aide financière, vous pouvez investir en direct dans sa société. Cette solution vous permet de vous passer de tout intermédiaire et de ne pas payer des frais substantiels. Vous pouvez investir lors de la création de la société ou lors d'une augmentation de capital.

Dans cette hypothèse, vous serez directement actionnaire de la société.

Il est important, dans ce cadre, de n'investir que dans des sociétés commerciales de type société par actions simplifiée (SAS) ou société à responsabilité limitée (SARL), de façon à n'être responsable que dans la limite du montant de votre participation. Au contraire, il faut éviter les structures de type société en nom collectif dans lesquelles la responsabilité de l'associé est indéfinie et solidaire, chaque associé étant tenu envers les tiers de la totalité des dettes de la société.

Enfin, limitez votre investissement à 10 ou 20 % au maximum du capital social, afin de pouvoir diversifier votre apport dans d'autres structures.

Investir via des fonds d'investissement

Vous pouvez investir à partir de 1000 € via des fonds d'investissement (FCPI, FIP...) qui sont agréés par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Cette solution vous permet de diversifier le risque, chaque fonds prenant des participations dans plusieurs sociétés, souvent entre 10 et 15 structures.

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Avec cette option, vous ne pouvez pas choisir les sociétés dans lesquelles le fonds prend une participation. Par ailleurs, vous supporterez, en principe, des frais à la souscription de l'ordre de 5 % ainsi que des frais annuels de l'ordre de 3 à 4 % : l'addition est donc loin d'être négligeable au terme de la durée de l'investissement qui se situe entre cinq et huit ans. Vous avez donc tout intérêt à choisir les sociétés de gestion dont les performances passées sont flatteuses et dont les frais sont les plus faibles afin de ne pas trop amputer la performance réelle de votre placement.

Malgré cela, l'investissement dans des FCPI ou des FIP est un placement à haut risque qui ne doit pas dépasser 5 à 10 % de votre patrimoine global. S'agissant d'un placement dans des sociétés qui ne sont pas cotées en Bourse, la liquidité du fonds n'est également pas garantie et certaines sociétés de gestion peinent à revendre leurs participations et prolongent la durée de vie de certains fonds au-delà de la durée maximale.

Vous ne devez donc pas avoir besoin de votre argent pendant une durée pouvant aller jusqu'à dix ans.

FCPI et FIP : quelle différence ?

Un Fonds commun de placement dans l'innovation (FCPI) est investi à hauteur de 70 % au minimum en titres de sociétés innovantes (intelligence artificielle, écologie, énergie...) non cotées en Bourse situées dans l'Union européenne. Dans cette optique, vous pouvez opter pour des FCPI généralistes ou vers des fonds spécialisés par exemple dans la santé et le numérique.

Les Fonds d'investissement de proximité (FIP) sont investis à hauteur de 70 % au minimum dans des PME régionales issus de tous secteurs, y compris technologiques, exerçant leur activité principalement dans une zone choisie par le fonds. Vous pouvez ainsi investir dans des FIP spécialisés dans des régions économiquement porteuses comme l'Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur ou la Corse.

Investir via des plateformes dédiées

Les plateformes d'investissement ont le vent en poupe. En effet, le financement participatif ou crowfunding permet à des particuliers de se regrouper pour financer un projet et soutenir financièrement un entrepreneur. Avec ce mode alternatif de financement, vous choisissez vous-même la société dans laquelle vous allez investir sans passer par un intermédiaire financier.

Il vous est conseillé de choisir les plate-formes agréées en qualité de Prestataire de services d'investissement (PSI) qui ont donc une existence officielle et reconnue en France.

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A noter que certaines plateformes ne soutiennent que des projets locaux ou régionaux.

Vous disposez d'une large palette d'investissements. Par exemple : une prise de participation dans une entreprise de « rétrofit » qui consiste à transformer des véhicules thermiques en électriques ou encore dans une société qui produit de l'électricité hydroélectrique afin de construire une nouvelle centrale hydro-électrique. Le choix de plusieurs projets vous permet de limiter le risque global.

La réduction d'impôt

Lorsque vous investissez en direct une somme d'argent dans le capital d'une PME et que vous vous engagez notamment à conserver vos titres pendant au moins cinq ans, vous bénéficiez d'une réduction d'impôt de 25 % du montant de vos versements retenus dans la limite de 50 000 € pour une personne seule et de 100 000 € pour un couple.

Si le montant de votre réduction dépasse le plafonnement des niches fiscales fixé à 10 000 € par an, alors l'excédent s'impute sur vos impôts des cinq années suivantes. Lorsque vous avez investi dans des parts de FCPI et de FIP pour une durée d'au moins cinq années, vous bénéficiez également d'une réduction d'impôt de 25 % du montant des sommes réellement investies par le fond dans des PME.

Ce taux est de 30 % si vous investissez dans des FIP en Corse ou Outre-mer. Les versements sont retenus dans la limite de 12000 € pour une personne seule et de 24000 € pour un couple et s'appliquent de manière distincte pour les FCPI et les FIP. En revanche, les versements excédentaires ne sont pas reportables sur les années suivantes, alors que le plafonnement des niches fiscales à 10 000 € s'applique également.

Le Plan d'épargne en actions PME

Vous pouvez investir au capital d'une PME dans le cadre d'un Plan d'Épargne en Actions (PEA) en respectant un plafond de versements de 150 000 € ou dans le cadre d 'un PEA PME dont le plafond de versements s'élève à 225 000 €.

En cas de cession de vos actions non cotées au moins cinq ans après l'ouverture de votre PEA ou PEA PME, l'éventuelle plus-value réalisée ne supporte que les prélèvements sociaux, dont le taux actuel est de 17,2 %.

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